À toi pour toujours, ma valentine

roseDe la popeline jaune. C’est ce qu’il y avait partout. Ou, du moins, c’est ce que j’avais envie de voir. Avec toutes ces draperies, je me disais que tu aurais sûrement confectionné de belles jupes et quelques robes, il y a de cela très longtemps. Mais non, ce n’était que des rideaux. Partout. Et un espace entre les tissus qui laissait entrevoir une douce lumière jaune. Comme les fleurs, comme le soleil, comme le printemps. J’ai suivi la lumière et je suis arrivée à toi, ma valentine. Parce que c’était le jour de la Saint-Valentin. J’étais venue spécialement pour laisser une rose à ton chevet et te dire à quel point je t’aimais et à quel point je souhaitais que la vie te ramène parmi nous. Tu étais si heureuse de me voir, malgré le lit qui te retenait. J’ai pris ta main glaciale et je lui ai donné tout ce que j’avais d’énergie. Dois-je le dire, je t’ai menti. En partie. Je t’ai dit que malgré tout, tu avais l’air bien, que j’en étais bien surprise et bien contente. Je t’ai peut-être dit ce que je désirais en fait. Mais intérieurement, j’avais vraiment peur. Solidement, même. Ton état était lamentable, soyons honnête. Cela dit, je me devais d’être positive. Je me devais absolument de te changer les idées et de te faire rire un peu, car le rire guérit tout, c’est bien connu.

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Les 30 dernières minutes

255455_460447357370423_1602111006_nIl était 23 h. Tu finissais de remplir ton tout dernier rapport de soirée. Et puis, tu t’es retournée vers moi. Le regard rempli d’une énergie à en couper le souffle, appréhendant très certainement une vie nouvelle, tu as affiché ton plus grand sourire, si magnifique et ensoleillé, à ton image. Clic. Derrière ma caméra, je captais précisément cet instant, que je ne voudrais pour rien au monde oublier. Et je te regardais, et je me disais combien tu étais une belle personne. À tous les sens du terme. Combien tu avais l’air si jeune et tellement pleine de vie. Dans trente minutes, tu laisserais tes clés au poste de garde et fermerais la porte pour la toute dernière fois. Tu marcherais vers la sortie, laissant derrière toi 35 années de ta vie à prendre soin de gens terminant leur séjour dans ce monde. Pour maintenant, toi, avoir une vie aux couleurs de tes plus grands rêves et de tes plus grandes aspirations. Et moi, j’avais cette chance inouïe de te suivre pendant cette dernière soirée de travail et de vivre avec toi ces derniers instants. L’appareil photo devant les yeux, j’ai observé et compris tellement de choses…

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Le dernier « 30 secondes »

30secondesLe dernier « 30 secondes »

On dit « les trente dernières secondes » me direz-vous? Non. C’est le dernier « 30 secondes », car c’est une entité. Un tout. Ça ne se divise pas (sauf pour en conter les détails), même s’il contient une gamme d’émotions et de pensées diverses. C’est le moment qui restera à jamais gravé. Parce qu’il représente le début. Suite à quoi pourront s’enchaîner à qui mieux mieux les histoires les plus rocambolesques qui soient s’il le faut, mais ce moment… demeure isolé du reste. Ce moment est pur, car ce moment se vide de tout et ne garde que l’essentiel.

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