Lendemain de veille

Début janvier a sonné : ce temps de l’année où l’on préfèrerait faire la momie dans un congélateur ad vitam aeternam que d’affronter le spleen du retour au boulot. Après 2 semaines à faire la crêpe entre Montréal et les Maritimes, à ne penser à rien si ce n’est que de jongler avec l’idée de se faire un deuxième café Bailey’s à 11h du mat ou de savoir si la voiture partira avec ce froid à vous gélifier le gras de canard, le temps est venu de retourner dans les rangs. Et bien sûr, qui dit retour à la réalité, dit résolutions. Comme à chaque année, je prends cette (mauvaise) manie de me fixer les mêmes buts : me raffermir le gigot d’agneau, passer maître dans la concoction de smoothies verts au chou frisé à chaque matin, moins me tracasser avec des pécadilles, devenir une queen du trampoline et de la méditation transcendale…Hélas, janvier n’est qu’un gros piège à bonnes intentions. Tout vouloir cocher sur ma liste me donne un vertige de parachutiste novice. J’ai donc décidé de garder les pieds sur la terre ferme en me donnant une petite résolution ou une mini mission à chaque mois de l’année. Alors hop, commençons à l’unisson! À votre calepin! Oubliez les  »je veux trouver l’amour » ou  »je veux être heureux » dignes du rayon mieux-être chez Renaud-Bray et misez plutôt sur des souhaits concrets : se détendre en fermant son iPhone après 21 h, lire un roman aux 2 semaines, trouver une façon de faire du bénévolat dans son quartier, délaisser les messages textes et prendre le bon vieux combiné le plus souvent possible. Je commence sous peu avec la liste de mes envies…je vous reviens là-dessus prochainement!

Cheers,

Chèvre-Laine

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Ma fête en cadeau ou comment donner au suivant

Donner, c’est grandir notre âme – Ariane Angeloglou

Quand ce n’est pas les messages textes qui se bousculent, c’est l’oiseau bleu qui apparaît sur mon écran de cellulaire, aussitôt éclipsé par une petite caméra annonçant un clic sur ma photo Instagram. Ce tango des médias sociaux m’enivre et m’étourdit à la fois. Mais dans ce monde où l’instantanéité est reine et où le temps est une denrée rare qui nous file entre les doigts, j’ai décidé que mes 30 ans rimeraient avec don de soi.

Sans pour autant mettre la hache dans mon téléphone intelligent, j’ai décidé de continuer à cultiver mes relations avec les autres et à donner plus souvent au suivant même si ce n’est que quelques heures par mois. Et juste à penser que ce qui fait du bien aux autres fait encore plus de bien pour soi me motive à suivre mon nouveau mantra.

J’ai donc décidé, en octobre dernier, de m’impliquer bénévolement au sein du comité Ma fête en cadeau, une activité de collecte de fonds de l’organisme Le Phare Enfants et Familles. Pourquoi les enfants et pas les chats abandonnés ou les paniers de denrées? Parce que cette cause vient chercher l’enfant de 30 ans que je suis, celle qui carbure à s’amuser!

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30 ans, 30 livres

Je vous avais fait part du plan de match il y a 5 mois. Début mai dernier, je commençais à troquer le talon haut contre l’espadrille à semelle rose fluo. Constat 150 jours plus tard? J’ai relevé le défi que je m’étais lancée : perdre 30 livres pour mes 30 ans. 1 mois et demi avant la date d’échéance et sans gros choc nerveux pour mon gigot d’agneau. Seulement avec un peu de persévérance et bien de la volonté. Bilan.

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Chronique d’un matin gris

Il y a ces journées où l’on se réveille avec la brume de nos rêves encore plein la tête. Comme ce matin, avec ce rêve vaporeux et lumineux dans lequel je perçevais le dessein d’un être cher, son ombre perchée sur mon épaule. Cette entité, comme une lumière chaude et orangée, m’enveloppait d’une douceur abstraite. Dans la grisaille tapissant la Rachel, j’ai fait mon chemin du matin, l’esprit encore embrouillé, le corps transi d’une sensation à la fois étrange et apaisante. Puis juste en commencant la journée, mes yeux se sont posés sur cette petite photo sépia écornée placée près du téléphone. Un couple, main dans la main. Lui, stoïque, la cravate trop courte pour ses six pieds de stature. Elle, menue, le sourire éclatant, le tailleur impeccable et la chevelure encore soignée de la noce. Je leur ai souri, comme si c’était un réflexe des plus communs. J’ai repensé à cette sensation au réveil, cet état d’esprit dans lequel je baignais encore, entre réalité et twilight zone. J’ai repensé à ces êtres réconfortants et encore si vivants en moi. Était-ce les visiteurs de la nuit dernière? J’ai eu envie de relire ces souvenirs encore tout frais, encore vivants, aussi doux que l’édredon dans lequel j’aurais aimé me perdre ce matin en entendant frapper la pluie contre les gouttières.

Some memories never fade

Chèvre-Laine

Gigot d’agneau et petit trot

L’été rime avec apéros interminables en terrasse, orgies de brochettes au BBQ, cornets trempés dans le choco lors des balades improvisées en auto, virées chez le maître glacier en revenant des festivals d’été…Mais l’été, c’est aussi le retour des fringues légères qui font la vie dure au p’tit mou d’jambon. Quelques mois avant de passer la porte des trente balais, j’ai décidé de prendre le taureau ou plutôt mon gigot d’agneau par les cornes.

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Bouillon salé

Mon printemps commence en lion avec une odeur de sauce brune plein les narines. Une sauce qui colle, qui décape, qui sent la  réalité dure, crûe, voire cruelle, de quatre cantinières d’une école secondaire du Faubourg à M’lasse dans le quartier Centre-Sud. Détrompez-vous : je n’ai pas troqué la plume contre un tablier de cook. En fait, oui, le temps de quatre soirs au début du mois de mai prochain.

Pièce de théâtre non traditionnelle, Sauce Brune – écrite par Simon Boudreault – a été présentée à l’Espace libre en 2010. On est loin d’un vaudeville à la Marivaux ou d’une tragédie à la Wajdi Mouawad : on s’en prend plutôt plein la gueule pendant 1 h 40. Je qualifierais ce bonbon surette de Belles-Soeurs de Tremblay sur l’acide, teintées d’un peu de la misère humaine d’Avec Norm de Serge Boucher. Quatre femmes issues d’un milieu défavorisé, qui s’expriment dans un langage surchargé de sacres et de vulgarités à faire revirer Molière dans sa tombe.

Le personnage que j’incarne est sûrement l’un des défis m’ayant donné le plus de fil à retordre depuis mon entrée dans le circuit du théâtre amateur. En fait, c’est un beau casse-tête dont les morceaux prennent place à chaque jour. Martine, c’est la femme victime, la mal-aimée, la femme de peu de mots, le vilain petit canard qui se fait battre par son Charlot, mais qui réussit à manipuler émotionnellement ses comparses de travail, par paresse sûrement, mais parce qu’elle maîtrise l’art de faire pitié pour avoir la moindre miette d’attention. Étudier les comportements d’une femme victime de violence conjugale, penser à une gestuelle naturelle sans tomber dans la caricature, c’est ce qui rend ma tâche un brin ardue, mais tellement enrichissante et intéressante.

À vos agendas! Armande, Sarah, Cindy et Martine vous attendent du 1er au 4 mai dans leur réel surdimensionné question de vous faire goûter à leur humour douteux et à leurs petites cruautés. Tout ça pour essayer de se sortir tant bien que mal de leur quotidien brun, épais, gluant et fade.

Chèvre-Laine

Sauce Brune

 

Mantra de pré-trentenaire

Je n’ai pas l’occasion d’être seule très souvent. La vie va tellement vite, on fourmille dans tous les sens, le cellulaire incrusté sur l’oreille, les doigts englués sur nos claviers. Les bureaux avec portes fermées sont devenus un luxe. J’aime bien mes collègues et l’environnement à aire ouverte, ça me va. Mais bon, j’aimerais avoir ce privilège – si on peut appeler ça ainsi – de fermer le store de mon bureau l’après-midi et de faire le vide, le temps de quelques minutes, en oubliant ma liste de tâches à accomplir avant que dix-sept heures ne sonne.

1200-to-do-nothing

J’ai souvent l’impression de courir après le temps qui file à la vitesse d’un éclair. Entre les pratiques de théâtre, le boulot, les sorties, l’écriture et le train-train quotidien, j’arrête parfois de respirer. J’admire les mamans (et les papas) qui réussissent à accomplir tout en une journée. Ma to-do list se remplit aussitôt que la précédente ne vienne d’atterrir dans le bac de recyclage.  Ce sprint intense qu’est devenu notre quotidien de gens modernes vivant à toute vitesse m’amène parfois à prendre une pause.

Bref, plus je vieillis, plus j’ai ce besoin vital de décrocher de temps à autre. Quand je dis décrocher, je me donne la liberté de savourer des moments passés seule.

Le week-end dernier, je l’ai passé en solo. J’entends déjà quelques-uns me dire Mais pourquoi tu ne m’as pas appelé, on aurait pu se voir.  C’est simple.  J’avais envie d’un moment en tête-à-tête avec moi-même, en me laissant la liberté de n’avoir rien de prévu. Exit le balai, le windex, le samedi soir bien arrosé ou les comptes à payer. Armée de mes baskets et d’une bonne tuque, j’ai passé mon samedi à déferler St-Laurent du Sud au Nord, pour ensuite me laisser guider par les effluves de bagels encore chauds de la rue Fairmount. Après quelques cafés au soleil  chez les Italiens près de Jean-Talon, c’est avec le pas léger que je me suis rendue au yoga pour un cours privé à deux. Ce moment où le corps et l’esprit sont en symbiose, il est rare dans nos vies mouvementées, mais oh combien apaisant!

J’aime me laisser bercer par le silence et la liberté. En fait, c’est assez récent, puisque ces moments de solitude m’effrayaient il y a à peine quelques années. Maintenant, j’essaie d’en faire une habitude à prendre régulièrement. Être à l’écoute de soi, c’est pourtant sain et normal, non? Même s’il est souvent victime de préjugés, ce besoin d’être seul à l’occasion me fait le plus grand bien. Je me sens plus d’attaque pour recommencer ma semaine, planifier mes sorties entre amis et avec mon amoureux. Ça doit être le signe que je change bientôt de décennie. Je m’étourdis moins à essayer de plaire aux autres et en m’écoutant davantage.

Mais ce n’est pas une simple tâche. Je me dis souvent qu’en apprivoisant la solitude momentanée, on apprend à être maître de sa propre vie.

Chèvre-Laine