Mantra de pré-trentenaire

Je n’ai pas l’occasion d’être seule très souvent. La vie va tellement vite, on fourmille dans tous les sens, le cellulaire incrusté sur l’oreille, les doigts englués sur nos claviers. Les bureaux avec portes fermées sont devenus un luxe. J’aime bien mes collègues et l’environnement à aire ouverte, ça me va. Mais bon, j’aimerais avoir ce privilège – si on peut appeler ça ainsi – de fermer le store de mon bureau l’après-midi et de faire le vide, le temps de quelques minutes, en oubliant ma liste de tâches à accomplir avant que dix-sept heures ne sonne.

1200-to-do-nothing

J’ai souvent l’impression de courir après le temps qui file à la vitesse d’un éclair. Entre les pratiques de théâtre, le boulot, les sorties, l’écriture et le train-train quotidien, j’arrête parfois de respirer. J’admire les mamans (et les papas) qui réussissent à accomplir tout en une journée. Ma to-do list se remplit aussitôt que la précédente ne vienne d’atterrir dans le bac de recyclage.  Ce sprint intense qu’est devenu notre quotidien de gens modernes vivant à toute vitesse m’amène parfois à prendre une pause.

Bref, plus je vieillis, plus j’ai ce besoin vital de décrocher de temps à autre. Quand je dis décrocher, je me donne la liberté de savourer des moments passés seule.

Le week-end dernier, je l’ai passé en solo. J’entends déjà quelques-uns me dire Mais pourquoi tu ne m’as pas appelé, on aurait pu se voir.  C’est simple.  J’avais envie d’un moment en tête-à-tête avec moi-même, en me laissant la liberté de n’avoir rien de prévu. Exit le balai, le windex, le samedi soir bien arrosé ou les comptes à payer. Armée de mes baskets et d’une bonne tuque, j’ai passé mon samedi à déferler St-Laurent du Sud au Nord, pour ensuite me laisser guider par les effluves de bagels encore chauds de la rue Fairmount. Après quelques cafés au soleil  chez les Italiens près de Jean-Talon, c’est avec le pas léger que je me suis rendue au yoga pour un cours privé à deux. Ce moment où le corps et l’esprit sont en symbiose, il est rare dans nos vies mouvementées, mais oh combien apaisant!

J’aime me laisser bercer par le silence et la liberté. En fait, c’est assez récent, puisque ces moments de solitude m’effrayaient il y a à peine quelques années. Maintenant, j’essaie d’en faire une habitude à prendre régulièrement. Être à l’écoute de soi, c’est pourtant sain et normal, non? Même s’il est souvent victime de préjugés, ce besoin d’être seul à l’occasion me fait le plus grand bien. Je me sens plus d’attaque pour recommencer ma semaine, planifier mes sorties entre amis et avec mon amoureux. Ça doit être le signe que je change bientôt de décennie. Je m’étourdis moins à essayer de plaire aux autres et en m’écoutant davantage.

Mais ce n’est pas une simple tâche. Je me dis souvent qu’en apprivoisant la solitude momentanée, on apprend à être maître de sa propre vie.

Chèvre-Laine

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s