Bienvenue chez Scarlett O’Hara (ou presque!)

Chose promise, chose dûe : après les – 22 degrés des dernières semaines, les Alpes Françaises monopolisant les rues de Montréal et le spleen des journées de janvier,(re)plongez dans les bayous sinueux de la Louisiane pour la troisième et dernière partie de mon périple haut en couleur aux effluves de jambalaya et de mint julep. Cette semaine, direction la Route des Plantations pour découvrir les fameuses demeures aux allures de cartes postales qui ont fait et font toujours rêver. 

Des dizaines de plantations bordent les abords du Mississippi. Des choix s’imposent donc quand vient le temps d’en faire la visite. Suivant les recommandations de Léa Lejeune, l’hôtesse sympathique du B&B où nous séjournions à Lafayette, de notre Routard et des gens rencontrés sur notre route, notre choix s’est arrêté sur Houmas House, Oak Alley Plantation et Laura Plantation.

Scarlett O'Hara

Houmas House

Le ciel et bleu, le soleil un peu timide et la River Road à nous seuls en cette saison où les touristes se font plutôt rares à notre plus grand bonheur. Après avoir contourné Bâton-Rouge, s’être fait arrêter par un policier zêlé qui s’est avéré plutôt sympa, nous avons longé le Mississippi dans ses terres remplies d’histoires de riches planteurs venus y faire fortune. Houmas House fut d’abord une plantation de canne à sucre à la fin du 18e siècle, puis une raffinerie de sucre grâce à son deuxième propriétaire. Aujourd’hui, le majestueux domaine vaut le détour pour ses 12 acres de jardins enchanteurs. La visite n’en coûte que 10 dollars et en vaut la peine. Quant à la propriété de style greek revival construite dans les années 1840, paraît-il qu’elle n’en vaut pas la visite. Contentez-vous de flâner dans les jardins et de contempler ce domaine d’où émanent calme et aristocratie.

L’extra – Les jardins plus splendides les uns que les autres

Le bémol – Le tarif d’entrée pour la demeure principale

Houmas House

Oak Alley Plantation

Quelques kilomètres plus loin et vous arrivez à la Oak Alley Plantation. Même si vous êtes aussi romantique qu’un pied de céleri, personne ne peut passer à côté de la Grande Dame de la River Road sans être envoûté  par la beauté de son allée de chênes centenaires qui l’encerclent. En contemplant ce domaine, on se croirait dans un film historique où le taffetas des robes à crinoline balaie les escaliers massifs en colimaçon ou bien en plein tournage de Forrest Gump. Une guide nous a fait faire un tour de la propriété, ou plutôt a récité un texte par coeur, vêtue d’une réplique de robe d’Autant en emporte le vent. Bon, c’est un peu attrape-touriste, mais je comprends pourquoi : le lieu est magnifiquement entretenu par le National Historic Landmark, en faisant ainsi un joyau patrimonial. Ah oui, le mint julep servi à l’ombre d’un chêne aussi large qu’une rangée de lutteurs sumo était tout simplement divin (évidemment bien corsé!).

L’extra –  L’allée de chênes à couper le souffle

Le bémol – La visite guidée un peu trop apprise par coeur

Oak Alley Plantation

Laura Plantation

Alors là, on peut parler d’un coup de coeur majeur! La plantation Laura est beaucoup plus sobre que sa voisine Oak Alley. Pas de flafla à l’anglaise avec des colonnes grecques, des fontaines et des pavillons à perte de vue. Ici, c’est la sobriété du style créole qui fascine. Le guide, un Français gaga d’histoire, nous a transportés dans un roman historique en seulement 1 h 30. Sa fougue (et ses postillons de salive!) traduisaient parfaitement la richesse de l’histoire de ce domaine dirigé principalement par la gente féminine. Magouilles, trahisons, morts, secrets de famille : non, ce n’est pas un épisode de soap américain, mais le théâtre d’une saga familiale passionnante, qui a été couchée sur papier par Laura Locoul elle-même. Seule la plantation porte son nom, cette dernière ayant décidé de se marier à un Anglais protestant pour échapper à la direction. Un seul mot : fascinant! Je me suis ruée sur les mémoires à la boutique-souvenir. Ça se lit d’un trait, même si on reste quand même sur sa faim. Fait important à ne pas oublier : le tour guidé est l’un des seuls à aborder la question de l’esclavage sur la plantation. Quelques vestiges témoignent de cette réalité pas du tout glamour des années 1700-1800 dans le Sud des États-Unis. Mais c’est une partie intégrante de l’histoire sur laquelle on ne peut lever le nez. Comme quoi les Américains sont parfois très frileux…

L’extra – La visite guidée fascinante avec une partie dédiée à l’esclavage

Le bémol – dommage qu’une partie de la propriété ait été reconstruite récemment suite à un incendie…

Baraques d'esclaves - Plantation Laura

Bon road trip!

Chèvre-Laine

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Une réflexion sur “Bienvenue chez Scarlett O’Hara (ou presque!)

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