L’Isle-aux-Coudres, la belle!

Pour cette première chronique à titre de chèvre invitée, j’ai décidé de relater mon périple familial à l’Isle-aux-Coudres en compagnie de Cornes-de-Bouc (mon chum), Cornette-Coquette (6 ans) et Sabots-Agiles (3 ans).

Pourquoi l’Isle-aux-Coudres? Eh bien, justement parce qu’il s’agit d’une île et qu’elle est accessible uniquement par traversier. Je me suis dit que cette touche d’exotisme séduirait mes chevrettes archi-gâtées et férues d’aventure tout en leur permettant de s’épivarder librement à l’air marin.

C’est bien emmitouflés dans nos chauds manteaux, nos tuques et nos gants que nous sortons de l’auto sitôt le traversier en marche. Il nous faut faire vite, la traversée ne dure qu’une quinzaine de minutes et je ne veux rien manquer du portrait coloré que font les arbres à l’automne sur fond de fleuve. Malheureusement, Sabots-Agiles ne l’entendait pas de cette oreille et a décidé de passer à travers les barreaux du bateau pour rejoindre l’Isle à la nage. 1er constat : le traversier n’est pas child friendly. On l’a retenue par sa jupe.  2e constat : elle  ne connaît pas la signification du mot hypothermie.

Heureusement, cette traversée a fini par finir et le décor enchanteur que nous découvrions nous a séduits totalement. Jalonnée de côtes, de croches et de bords de fleuve, l’Isle se déroule devant nous, sereine et calme. Rapidement, nous abandonnons notre stress de citadins pour vivre au rythme des marées. Courir? Pas question, sinon pour explorer les battures à haute ou basse marée en compagnie de mes chevrettes, qui découvrent des écrevisses dans les crevasses, escaladent les rochers, reviennent, les yeux brillants, nous rapporter des trésors faits d’algues, de cailloux polis et de fragments de coquillages.

Mais l’Isle recèle bien d’autres surprises, culinaires entre autres. Si vous aimez vous empiffrer de produits locaux, c’est la place! Tout près de notre hôtel se trouvaient Les Vergers Pedneault, qui bien sûr vendent leurs pommes, leurs poires et leurs prunes, mais aussi quantité de produits alcooliques dérivés de celles-ci. Le plus cool, c’est que les affables employés de leur jolie boutique nous offrent de les goûter. Pendant que de gentilles vieilles dames s’exclamaient devant les teintes vermeilles des pommes McIntosh et Spartan, j’en profitais pour m’enfiler derrière le foulard quelques petits shooters de cidre et de mistelle, dont plusieurs ont remporté des prix. La grande variété de leurs produits surprend et les prix sont, ma foi, compétitifs pour des produits de luxe tels que ceux-ci. J’ai d’ailleurs fait quelques réserves que j’offrirai en cadeau à Noël, si je réussis à ne pas les boire avant.

C’est les joues roses de plaisir que nous avons continué notre exploration jusqu’à la Boulangerie Bouchard. Les jours où il fait beau, il est possible de s’asseoir aux tables à pique-nique situées sur le site et de déguster nos achats en contemplant le fleuve. Au menu : cretons maison, pâtés croches goûteux à souhait, brioches au chocolat noir et pain à la pizza pour Cornes-de-Bouc. (On est loin de la pizza-pochette ici). Dans mes bagages pour Montréal, la fabuleuse et TRÈS cochonne tarte au sucre aux pets de sœurs. Pour être certaine que ma belle tarte ne finisse pas dans le bedon des biquettes, je leur ai fait croire que les sœurs pétaient vraiment sur la tarte. Un petit mensonge qui me garantis de pouvoir toute la manger toute seule. Coma diabétique assuré!

Et maintenant, en route pour le continent! Un des désavantages à habiter l’Isle est qu’il est parfois difficile d’en sortir. Les touristes y sont nombreux et nous devons  prendre notre mal en patience pour embarquer sur le traversier. Pas facile d’attendre une heure avec deux chevrettes en rush de sucre! Mais l’attente en valait la peine. Tout d’abord, les charmants villages de St-Joseph-de-la-Rive et des Éboulements nous accueillent avec leurs panoramas à couper le souffle et leurs boutiques d’artisanat où il fait bon fureter. Aux Éboulements, nous avons fait escale aux Jardins du Centre. Les propriétaires, en plus d’exploiter une terre et de tenir une boutique de produits locaux, élèvent aussi quelques chèvres (des vraies. De la race qui ne sait pas bloguer comme nous).

Cornes-de-Bouc, qui est né et a été élevé tout près des Jardins du Centre, a voulu montrer à nos biquettes combien il était doué pour flatter ces petites bêtes, tranquillement occupées à mâchouiller quelques pommes. Une seconde plus tard, il s’était fait encorner deux fois dans la cuisse par un petit bouc récalcitrant. Loin de se décourager, Cornes-de-Bouc s’est alors rabattu sur une jolie petite femelle à barbiche. Il lui a flatté victorieusement la tête jusqu’à ce qu’il se rende compte qu’elle lui mangeait sa manche de manteau. Tout simplement pissant. Je n’aurais manqué ça pour rien au monde.

Tôt le lendemain matin, c’était le retour à Montréal, où Cornette-Coquette a pleuré de nostalgie en écoutant le CD d’une artiste locale, Caroline Desbiens, dont les chansons respirent le fleuve et les bateaux. En ouvrant ma valise, ce soir-là, un parfum d’embrun en est sorti.

On y retournera, c’est sûr.

Petites-Cornes

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