Il était une fois, au FME…

Il y a maintenant 5 ans, quatre fillettes de Montréal prenaient la longue route vers Rouyn-Noranda, direction Festival de la musique émergente (FME). Une drôle d’idée avait traversé l’esprit de la troupe en s’engageant pour les 7 heures de covoiturage vers cette lointaine Abitibi.

Location d’une voiture et d’une chambre d’hôtel, billets de concert en poche, le groupe d’amies quitte Montréal le vendredi vers 18 h. La route se passe merveilleusement bien. Le chemin est beau et long. Les filles sont sur l’adrénaline de l’escapade. L’essence ne descend pas trop vite, on décide donc de ne pas arrêter gazer à Val-d’Or en se disant « il y a sûrement une station-service sur le chemin vers Rouyn-Noranda! ». Malheureusement, 15 minutes après avoir passé la ville de Val-d’Or, le réservoir d’essence tombe dans le rouge. Mais comment, en si peu de kilomètres, avons-nous réussi à perdre autant d’essence ? Chaque ville qui défilait n’offrait aucune station-service. Les gens qui connaissent le coin vous le diront : entre Val-d’Or et Rouyn-Noranda, y’a rien ! Et qui plus est en pleine nuit.

C’est toujours dans ces moments-là que tu dis : pourquoi avons-nous fait ça ?

Une chose est certaine, plus une fille ne s’endormait dans la voiture. On imaginait le pire : quatre filles de la ville en panne sèche au milieu de la forêt abitibienne et sans réception de cellulaire. De vraies championnes! Isabêêê essaie de nous rassurer en nous disant qu’elle est membre CAA, Sophie-Chèvre y va de ses trucs de guerrière : « si on garde la vitesse à 100 km/h, on économise l’essence. Il faut garder la vitesse à 100! ». De son côté Isabêêê avait entendu que c’était à 80 km/h. Que faire??? Marie-Chèvre était au volant et maintenait la vitesse à 100 km/h. C’était son nouvel objectif de vie. Plus rien d’autre ne comptait. Il ne fallait surtout pas ralentir ou accélérer, monter une trop grande côte ou faire un dépassement. Elle prenait l’exercice au sérieux!

Tout se passait bien, les yeux plus souvent sur l’odomètre que sur la route. Alors pourquoi une fourgonnette est-elle apparue devant nous? Les quatre filles ont crié leur malheur. Qu’est-ce qu’on fait maintenant? Pas le choix, on doit dépasser le camion sinon il va nous ralentir. C’est à se demander si, encore aujourd’hui, le conducteur se souvient d’avoir vu une petite Kia rouge le dépasser avec à l’intérieur, quatre filles hystériques qui criaient comme des folles? Et Isabêêê qui disait : « C’est comme dans le film Speed, on ne peut pas ralentir!!! ». Mais n’allez pas croire que les filles étaient en panique. C’était plutôt un mélange d’excitation et de nervosité qui régnait dans la voiture. C’était l’inconnu qui s’offrait à nous… Allions-nous, oui ou non, nous rendre ? Surprise! Cette péripétie hors de l’ordinaire a fait monter notre dose d’adrénaline.

La grande question : à partir du moment où la lumière s’allume, combien reste-t-il d’essence dans le réservoir? Assez pour faire 50 km? C’est ce que Isabêêê croyait. 100 km tout au plus… L’aiguille d’essence était maintenant sous la barre du rouge foncé. Mais bordel, c’est dont ben loin Rouyn-Noranda! Oui, il y a 100 km qui séparent les deux villes, nous qui croyions que c’était à 20 minutes l’une de l’autre… En tant que fille de la Côte-Nord qui a fait plus que son lot de longues routes dans sa vie, Marie-Chèvre aurait dû le savoir : on ne prend pas de risque avec l’essence en région éloignée…

Quoi qu’il en soit, on ne peut pas rebrousser chemin, il faut continuer. Nous y allions avec des promesses du genre « si on se rend, je ferai la promo de la Kia, qu’elle peut faire Montréal-Rouyn avec un plein ».

Nous ne savons pas qui est la personne qui a eu cette brillante idée, mais nous lui décernons le grand prix de l’urbanisme ingénieux : en rentrant dans la ville de Rouyn-Noranda, on descend une côte et juste en bas, se trouve une station-service ouverte 24 h. Alléluia à la puissance 1000! On s’est rendues jusqu’à la pompe. Nous avions le corps qui en tremblait. Marie-Chèvre avait tellement serré le volant que ses mains étaient figées en position pilote de course. Ça devait faire au moins 5 h qu’on n’était pas sorties de l’auto. Il était temps qu’on arrive!

Avons-nous été prendre un verre au super beau bar situé à côté de notre hôtel, vous pensez? Il fallait bien décompresser ! Surtout qu’il était presque 2 h du matin.

Voilà donc comment a débuté notre FME en 2007. C’est une aventure qui restera gravée dans notre mémoire encore bien longtemps, on peut vous l’assurer! Bien entendu, le festival a été bien plus que ça. C’était un événement magique. Nous avons passé trois jours à parcourir la ville en quête de nouveaux spectacles et de nouveaux sons. Nous avions un bracelet nous donnant accès à tous les spectacles présentés (formule qui n’existe plus). On entrait, on écoutait, on restait ou on sortait. Une fin de semaine intensive à faire des découvertes musicales : Pawa Up First, JohnE-5, Caloon Saloon, Socalled, Les Breastfeeders. À se faire tomber dessus par le chanteur du groupe CEA (vraiment!). À jouer dans la fontaine pleine de mousse (c’était nous!). À manger de la poutine en chantant : 1 – Mets les frites dans l’huile. 2 – Fais-les cuire c’est facile ! 3 – Ajoute la sauce et le fromage squich squich ! Dans ton estomac des sensations magnifiques!

C’est aussi le retour à écouter en boucle dans la voiture « Comment ça va Marc Hamilton ? » et « Ma p’tite poule, a s’en fout, a se montre les fesses un peu partout ! ».

Chaque année à la même période, on se dit : ah, on devrait vraiment y retourner . C’est cette année que ça se passe, 5 ans plus tard! Pour la 10e édition du festival, trois chèvres partiront de Montréal pour sillonner la 117 jusqu’à la capitale de l’Abitibi. Quelles péripéties pourrons-nous alors raconter ? À suivre…

Une chose est claire, on part avec le même engouement qu’il y a 5 ans.

Alors, on se voit chez Morasse samedi soir ?

BON FME 2012 !

Marie-Chèvre et Isabêêê

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