Dans une manifestation près de chez vous…

Samedi soir, 19 mai, j’ai assisté à la 26e manifestation nocturne. Vous ne lirez pas ici mon opinion sur la chose, mais plutôt mes sentiments. Sentiments d’une honnête citoyenne témoin d’événements, disons-le, marquants.

C’était le repas d’anniversaire d’une bonne amie à moi. On fêtait ses 30 ans dans un nouveau resto du Quartier Latin, En Cachette Speakeasy, sur St-Denis coin Ontario. Nous allions à cet endroit parce que c’est une amie à mon amie qui a ouvert la place. Petit resto bon marché, on y sert tapas et alcool.

Vers 23h, oh surprise, nous entreperçons du sous-sol où nous étions des manifestants crier et marcher dans la rue. Nous nous dirigeons sur la terrasse pour les voir défiler. À peine quelques minutes plus tard, l’escouade anti-émeute se dirige d’un pas décidé vers les manifestants.

Croyez-le ou non, en 100 jours de grève, je n’avais pas été témoin en direct des manifestations étudiantes.

Samedi, j’ai vu des gens défendre et crier fort leurs idéaux. Samedi, j’ai vu les vandales mettre le feu aux cônes de construction. Samedi, j’ai vu des centaines de policiers tenter de séparer la foule et se faire huer.

Je n’aurais pas voulu être à la place des manifestants, je suis trop « pissous » pour ça, je l’avoue, mais je trouvais braves les gens qui défiaient la nouvelle loi 78. Je n’ai pas trouvé très brillant de mettre le feu au milieu de la rue et y lancer des objets. Nous étions avec un couple et leur bébé de 11 jours qui tentaient d’aller rejoindre leur voiture, et une femme enceinte qui voulait quitter les lieux sous la fumée et l’agitation. Nous avions un peu peur pour eux, on était loin de se sentir en sécurité. On ne sait jamais comment ça peut finir ces affaires-là.

Mais j’aurais encore moins voulu être dans les culottes des policiers qui devaient tenter de faire régner l’ordre dans ce chaos. Ils doivent appliquer la loi et faire leur travail et ce, chaque nuit, depuis près d’un mois. J’imagine qu’ils doivent être tannés. Tannés de se heurter à des manifestants et se faire haïr.

Nous sommes restés quelques instants à regarder les événements. J’étais impressionnée de voir l’actualité se dérouler sous mes yeux. Lorsque mon bouc et moi avons vu que des gens préparaient un deuxième feu, nous avons décidé de quitter le resto. Pour plus de sécurité, nous sommes sortis par le « backstore ».

Je dois avouer, tout ça me fait peur.

Mais qu’est-ce qui arrive à ma ville ? À ma province ? Je ne la reconnais plus. Je sens la colère. Il y a une tension palpable et une inquiétude qui règne. Je n’aime pas ça. Nous hébergeons des amies françaises en visite à Montréal. C’est dommage de leur conseiller de ne pas aller s’aventurer en centre-ville le soir, elles qui sont là en touristes.

J’ai peur.

Il faudrait vraiment que tout ça se règle et bientôt ! Je ne voudrais pas que ça dégénère. Juste samedi, j’avais l’impression de vivre une sorte de guerre. Et le soir, dans mon lit, je tente de trouver sommeil, et j’entends l’hélicoptère de la SQ qui vient troubler le silence de la nuit.

Isabêêê

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