Une chèvre revient de Jordanie et de Jérusalem

Vous vous demandiez pourquoi je m’étais fait muette ces dernières semaines ? J’étais en voyage (question de rayer un élément de plus sur ma liste) ! Moi et mon bouc avons visité la Jordanie et fait un bond à Jérusalem. Un séjour haut en émotions et qui, rarissime en 2012, nous a confronté à un solide choc culturel.

Comment parler du voyage que nous venons de faire ? Dire que tout était magnifique ou que tout était détestable serait mentir. Nous avons vécu de grandes émotions, fait des activités que nous ne pensions jamais faire de notre vivant (flotter dans la Mer Morte, nager parmi les poissons tropicaux de la Mer Rouge ou sillonner la vieille ville de Jérusalem, là où tout à commencé). Toutefois, il y a aussi eu beaucoup d’irritants. Dans les articles à venir, je vous parlerai de tout ça, d’Amman à Pétra et du désert à Aqaba. Je parlerai des appels à la prière, des poulets vivants dans les marchés, des champs de pastèques, des traverses de dromadaires, des paysages à couper le souffle, des Bédouins avec leurs troupeaux de chèvres (des amies chèvres, j’en ai vues!). Je parlerai également de la rencontre des religions à Jérusalem, allant du chemin de croix de Jésus au Mur des Lamentations. Je vous parlerai aussi des Jordaniens, de leurs « Welcome » à profusion. Ils étaient en général très gentils et nous lançaient des « Hi, where are you from ? Welcome » à chaque coin de rue. Il y avait aussi les enfants qui tournaient intrigués autour de nous, nous disaient Hello avant de partir à la course. Je pense aussi au chauffeur de taxi faisant fi de ma présence : « She (en parlant de moi), your wife ? Beautiful, beautiful ! ». Et oui, un peuple très accueillant !

Alors me revoici au Québec après 18 jours d’absence. Et qui plus est directement de retour au travail, à peine 15 h après l’atterrissage et sans prendre le temps de décanter de tous ces Welcome et Sharwamas.

Je me suis réveillée au milieu de la nuit à cause du décalage, alors aussi bien en profiter pour être efficace. Je file en vélo au boulot, désorganisée par ce retour trop rapide à la vie « normale ». J’oublie mon casque, je ne trouve plus mes clefs, j’agis de façon incohérente. L’humidité est accablante… je crois avoir eu moins chaud dans le désert ! En pédalant, je remarque que les routes ne sont pas encore embouteillées. Pourtant on sent déjà la tension qui plane chez les automobilistes. Voilà déjà une grosse différence avec la conduite dans les villes de Jordanie. Il y règne un joyeux chao, collectivement accepté. Les règles de conduite sont pratiquement inexistantes ou non appliquées. Une voiture devant toi, dans un croche, dans une côte et sur une ligne droite ? Pas grave, tu dépasses ! Les gens ne restent pas frustrés derrière une voiture ou un camion trop lent. Conduire en ville jordanienne, c’est la jungle. Pourtant, personne ne semble stressé par cette situation. Je suis certaine qu’ils ne connaissent pas le concept de rage au volant. Ici, on se fait klaxonner et on monte sur nos grands chevaux. Là-bas, le klaxon est comme un moyen d’expression, allant du « ça va, tout est ok ? », « tasse-toi, j’arrive », « attention, je vais passer » au simple « bonjour ». Nos règles excessivement strictes de conduite seraient-elles une source du phénomène de rage au volant ? Avouez que c’est fâchant d’être ralenti par un camion et de ne pas pouvoir le doubler ! Et la sécurité ? Ok, j’avoue que je préfère traverser les rues au Québec plutôt qu’à Amman !

Et arrive ensuite la fameuse arrivée au bureau après les vacances… Je retrouve un Outlook avec des jours et des jours de courriels non lus. J’enlève le message d’absence. Des semaines que je me préparais à le mettre en fonction avant mon départ, voilà qu’il faut que je l’enlève pour au minimum une année. Jusqu’à mes prochaines vacances. Ça me rappelle alors ce charmant couple de Français rencontré dans le désert de Wadi Rum. En plus de leurs 5 à 6 semaines de vacances prévues par année, ils peuvent travailler quelques heures supplémentaires hebdomadairement pour accumuler davantage de temps de répit.

C’est inhumain de n’avoir que 2 semaines de congé par année !

Pas le temps de se préparer pour bien partir, encore moins de temps pour bien revenir. Après 11h de vol, une nuit pratiquement blanche, le décalage horaire qui affecte toutes les fibres nerveuses de mon organisme, les bagages abandonnés sur le balcon, il faut revenir au travail. Pas le temps de décanter, de repenser à tout ce qu’on vient de vivre, à tout ce qu’on a vu et senti.  De repenser à toutes ces femmes que je n’ai pas vues, soit parce qu’elles étaient cachées je ne sais où (à la maison, dans les champs ou dans toute autre industrie), soit parce qu’elles étaient cachées sous un voile, sur la tête ou sur le corps en entier.

Ça remet quelque peu en question mon malheur occidental de revenir dans ma tour à bureau, assise confortablement sur ma chaise conçue par des ergonomes, les yeux fixés à un écran plasma pendant 7 heures exactement. Après ce que j’ai vu, je confirme que je suis née dans le bon pays et à la bonne époque!

Il n’y a aucun message sur ma boite vocale. C’est normal après tout, je ne suis partie que 18 jours… ce qui pour ma part a semblé des mois !

J’aurai le plaisir de vous partager mon expérience dans ce petit pays plein de surprises, et aussi de notre fameuse épopée dans les douanes israéliennes… Palpitant !

Au plaisir de vous retrouver et Welcome !

***

Marie-Chèvre

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