Bas les masques!

Pour la troisième année consécutive, Canal Vie s’associe à nouveau à la Journée sans maquillage. C’est donc le 6 juin prochain qu’adolescentes et femmes sont invitées à troquer le smokey eye et la lèvre brillante pour un visage sans fard ni artifice, question d’apprivoiser la beauté au naturel. Chèvre-Laine et Isabêêê tenteront et renouvelleront l’expérience avec un peu d’appréhension. Petites confidences sur fond de mascara. 

Isabêêê  

Je sais les garçons! Vous vous dites que c’est un billet juste pour les filles! Hé bien oui et non! Parce que si vous fréquentez un tant soit peu des filles, un jour ou l’autre, vous serez impliqués malgré vous dans une conversation portant sur le maquillage.

Ma passion pour le maquillage, je le dois certainement à ma mère qui se maquille très bien. Elle sait harmoniser les couleurs et se faire belle. Un jour, elle avait dessiné cet œil sur du carton pour illustrer la façon dont elle faisait les jeux d’ombres sur ses paupières que je trouvais si beaux.

(bon, allez savoir comment j’avais décelé les ombres là-dedans)

Or, je me maquille davantage lors d’occasions. Je passe un temps fou dans la salle de bain à m’appliquer pour cette sortie, cette soirée, cet événement, ce souper, ce party. C’est un moment privilégié que je savoure : le choix des produits, des effets, des couleurs… j’adore!

Au quotidien, je me maquille très peu. Le produit qui m’est indispensable : le mascara Great Lash de Maybelline. Pour en avoir essayé plusieurs, il n’a pas son égal. Ayant les cils pâles, celui-ci accentue mon regard. Et deux choses se sont produites lorsque je n’en portais pas :

1-    Un ancien patron trouvait que j’avais quelque chose qui avait changé. Je lui ai fait remarquer que je ne portais pas de mascara pour cause d’infection à l’œil. Lorsque j’en ai remis quelques jours plus tard, il m’a dit : « Ah ! T’as mis tes yeux aujourd’hui ! »

2-    Je croise une ancienne collègue dans le bus qui me dit : « Je t’avais jamais vue sans maquillage, mais je trouve ça vraiment beau. »

Eh bien !

Je garde aussi un mauvais souvenir en lien avec le maquillage. Le matin de la prise de ma photo scolaire de 3e année du primaire, ma mère me demande : « Veux-tu que je te maquille ? Ça pourrait faire différent » (elle ne me maquillait jamais) et moi j’ai répondu « Oui ». Je ne me souviens pas de m’être autant fait niaiser par mes camarades. Et pourtant, aujourd’hui, je ne serais pas surprise que l’inverse choque plus.

Je me suis maquillée assidûment pour la première fois en 6e année. J’avais quoi, 10 ans ? J’avais récupéré un vieux crayon gris pour les yeux appartenant à ma mère. Je m’en mettais tous les jours et à un moment, il est arrivé cette chose : lorsque je n’en mettais pas, je me trouvais beaucoup moins belle. J’ai été choquée, je me suis donc dit que j’allais me sevrer et ne plus m’en mettre pendant un temps pour me trouver belle au naturel. Pas pire le raisonnement pour une gamine de 10 ans, non ? Et j’essaie de garder cette même philosophie aujourd’hui!

Chèvre-Laine 

J’ai toujours aimé la coquetterie. Déjà, toute petite, j’adorais me faire maquiller! Que ce soit pour l’Halloween ou lors de la soirée-photo des patineurs artistiques, mes yeux s’illuminaient à la vue d’une palette de fards ou de crayons à yeux. Peut-être était-ce ma créativité qui était en ébullition, mais chose certaine, j’adorais me métamorphoser sous les coups de pinceaux.

À la maison, j’avais une maman féminine et raffinée qui savait comment rehausser sa beauté naturelle. Quand je regarde ces petites pageants américaines qui sont déjà momifiées à sept ans, je constate que j’ai eu une vraie vie de petite fille. Une pointe de rouge à lèvres à l’occasion, sans plus. J’ai surtout eu le plaisir d’essayer le maquillage de ma mère en plus de vider sa bouteille de fixatif et de fouiller dans ses bijoux, toujours remplie de cette frénésie de vouloir jouer à la madame, sans en être une vraie dans un corps trop jeune.

Puis, comme à peu près toutes les ados, j’ai été happée dans la spirale des diktats du bien-paraître. Je me suis teint les cheveux à 13 ans (une catastrophe!), j’ai usé à outrance du crayon blanc qui me faisait des yeux de grenouille gonflés. Je me tartinais les joues de crème teintée qui me donnait l’air d’avoir des pommettes braisées. Oufff! Je peux mettre ces quelques faux-pas de courte durée sur le dos de l’ingrate adolescence!

Au commencement de l’âge adulte, j’ai tout de même adopté des gestes routiniers qui sont devenus des automatismes avec le temps. Quelques gouttes de cache-cernes, un peu de mascara, un peu de poudre bonne mine, un peu de gloss, et hop! Le lendemain de veille ou le nez en chou-fleur post-sinusite sont encore facilement dissimulables. Mais au-delà de la coquetterie et du plaisir que je prends à chouchouter mon visage, le maquillage que je porte, aussi léger soit-il, s’impose comme une sorte de masque, de protection, de voile dissimulant une forme de vulnérabilité.

L’an dernier, j’ai été capable de mettre au rancart mon portfolio Lise Watier le temps de la Journée sans maquillage. Comme des centaines de femmes, j’ai osé me montrer au naturel, de faire la paix avec mes cernes de raton-laveur, d’enterrer la hache de guerre avec mon teint un peu blafard du lundi matin. Je répèterai l’expérience encore cette année. Juste pour m’habituer à mettre bas les masques. Juste pour me sentir complètement moi, complètement libre.

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