Pelléas et Mélisande : opéra 101

Ma rencontre avec l’opéra remonte à ma petite enfance lorsque j’allais voir ma mère chanter à l’occasion de ses récitals.

S’ensuivirent mes premières sorties à l’Opéra Lyra d’Ottawa au Centre National des Arts, où elle interpréta quelques rôles, tout en faisant partie des choeurs. J’étais jeune et peu intéressée à écouter des envolées lyriques en langue étrangère plutôt endormantes pour une jeune fille d’à peine 10 ans. Rigoletto, La Traviata, Tosca et Madame Butterfly ne sont que quelques-uns des opéras que j’ai vus bien avant mes 15 ans.

Aujourd’hui, je remercie mes parents de m’avoir initiée à cet art mythique qui est, bien trop souvent, victime de préjugés. Prétentieux, incompréhensible, endormant, hautain, platonique, réservé aux queues-de-pie et aux colliers de perles d’Outremont…Bref, l’opéra s’attire des bosses!

Malheureusement, le prix élevé des billets, même les moins chers, n’aide pas à la démocratisation et à la démythification de cet art lyrique riche et regorgeant d’airs connus, repris à l’occasion par des chanteurs populaires. Mais parfois, il suffit d’enlever ses oeillères pour découvrir une manne de talents près de chez soi!

Jeudi soir dernier, l’Université de Montréal et ses finissants de l’Atelier d’opéra présentaient la première de deux représentations de Pelléas et Mélisande, un classique de l’opéra français signé Claude Debussy. Moyennant 30 $, le détour en valait la peine. Les jeunes interprètes étaient accompagnés sur scène par Joseph Rouleau,une voix canadienne connue internationalement. Trame narrative raffinée, dualité des sentiments, décor sobre mais efficace constitué de morceaux de tulle qui, une fois éclairés, suggéraient une mystérieuse forêt.

J’ai été épatée par le talent, les voix justes et le jeu crédible des interprètes, la plupart étant de jeunes bacheliers et maîtres en interprétation classique. L’orchestre de l’UdM sous la baguette de Jean-François Rivest, vaut à lui seul le déplacement. Seules ombres au tableau : prestation de 3 heures excluant l’entracte et texte un peu redondant, laissant tout de même place à un sous-texte très personnel et métaphorique.

Si vous souhaitez vous initier aux vocalises de barytons et de sopranos, vous ne serez pas trop parachutés dans un monde insaisissable et vaporeux en allant voir cet opéra en cinq actes. Loin d’être complexe, Pelléas et Mélisande est aussi connu que Roméo et Juliette et Tristan et Yseult. Si vous souhaitez reconnaître des airs populaires, je vous recommenderais plutôt Carmen de Bizet, Le Barbier de Séville de Rossini ou Le Mariage de Figaro de Mozart.

Hier soir, dès les premiers accords de l’orchestre, j’ai eu une pensée pour ma grande tante décédée il y a une semaine. Durant de nombreuses années, Suzette Nadon-Peruzzi a été une chanteuse d’opéra professionnelle. Elle a entre autres chanté au Canadian Opera Company de Toronto, ainsi qu’en Italie. Dotée d’une superbe voix, d’une originalité et d’une liberté de pensée hors du commun, Suzette avait un profond amour pour l’art lyrique et pour la jeunesse. Elle aurait été sûrement très fière de voir de jeunes visages remplir une bonne partie de la salle.


Pelléas et Mélisande
Opéra en cinq actes de Claude Debussy
Salle Claude-Champagne du Pavillon de musique de l’UdM
Samedi, le 3 mars 2012 à 19 h 30
Billets : 514 790-1245 ou www.admission.com

 

Chèvre-Laine

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