Dans une boîte à bijoux près de chez vous

Sous l’ère Drapeau dans les années 60, des images de cartes postales ont été détruites à coups de dynamite.

Dans l’bon vieux temps, les musées, les cabarets et les parcs d’amusements étaient si fastes et majestueux. Montréal scintillait de mille et un feux, tout en dégageant une atmosphère festive. Le Musée Eden, le Palais des nains et le Jardin Guilbault ne sont que quelques joyaux urbains qui sont maintenant chose du passé.

Les stationnements et les condos prennent désormais la place de bijoux d’architecture et la plupart des travaux de restauration n’ont point fait de clins d’oeil à la vieille époque. Étant une passionnée de l’histoire montréalaise, je suis déçue de constater le peu d’efforts déployés pour se souvenir d’un passé qui n’est pas si lointain.

Imaginez la Plaza St-Hubert scintiller de mille et un néons, le fameux Parc Belmont chanté par Diane Dufresne avant que les jumelés de Cartierville ne le remplacent. Imaginez un repère de nains frôlant le freak show, trôner en face de la Banquise, rue Rachel, au début des années 1900. Saviez-vous qu’une famille de lilliputiens ouvrait les portes de leur demeure à des touristes pour trois piastres en 1930? Seul souvenir de la présence de la famille Nicol : deux lions qui siègent à l’entrée de ce qui fait désormais office de sauna gai. Aucune enseigne historique n’est installée à l’entrée de l’immeuble pour se rappeler ce lieu insolite.


Troquez le Théâtre de Verdure du Parc Lafontaine par des enclos où des paons déployaient leur éventail de couleurs devant les visiteurs du Jardin des Merveilles. Avant que ce poumon vert du Plateau ne soit bondé de joueurs de banjos à ponchos se faisant griller la couenne beau temps mauvais temps, il abritait un micro Disneyland. Vous ne m’auriez pas tordu un bras pour m’y amener! Rien qu’à regarder les images d’archives de ce mini parc Safari des années 50 et je payerais cher pour embarquer dans une machine à remonter le temps.

Si vous trouvez une enseigne dans le Parc Lafontaine relatant la présence du Jardin des Merveilles, manifestez-vous! Seule la présence de deux arbres matures à l’entrée du parc seraient l’unique trace de ce petshop à ciel ouvert.

Vous me direz sûrement que le développement immobilier a plus d’importance qu’une bande d’autruches en liberté dans un parc et qu’un repère de nains détonnerait drôlement à côté de la Mecque de la poutine. Pourtant, dans mon univers fantaisiste, ces joyaux auraient encore droit à une petite place. Je déplore le fait qu’aucune plaquette explicative ne soit installée devant ces bâtiments, véritables jalons de l’histoire montréalaise.

La Main peut se vanter de donner un souffle à son passé grâce à des panonceaux expliquant l’histoire de ses édifices et ce, en plus d’offrir un circuit narré en format MP3 faisant revivre son histoire, de la rue Saint-Antoine jusqu’à la Petite Italie.

Mais derrière ce serpent qui sillonne la ville du sud au nord se trouvent des rues tout aussi remplies d’une histoire fascinante. Avant l’effondrement des viaducs, l’effritement des ponts et le trafic interminable, Montréal était une immense boîte à bijoux qui, heureusement, a laissé de magnifiques archives qui revivent grâce à des passionnés.

Abonnés Facebook, allez visionner les albums photo de Daniel Boudreau. Son montage photo avant-après de la Plaza St-Hubert fait boule de neige dans les médias sociaux, la preuve que la métamorphose est saisissante!

De grâce! Je vous ordonne d’aller voir l’exposition Quartiers disparus au Centre d’histoire de Montréal avant le 25 mars prochain. Mieux encore! Faites-en une destination de prédilection lors de la Nuit Blanche ce samedi 25 février. Le Faubourg à quoi? Oui, oui, à M’lasse! Goose comment? Goose Village! Non, ce n’est pas un regroupement de tipis au pied du pont Victoria, mais plutôt le quartier de milliers d’Irlandais volatilisé sous les coups de dynamite.

Boulimiques d’histoire, je vous invite à consulter deux petits bouquins sur le boulevard St-Laurent et  la rue Ste-Catherine qui vous gaveront de photos encore plus fascinantes les unes que les autres!

Au moment de publier ce billet, j’ai trouvé cet article paru hier dans le journal 24 h. Comme quoi la boîte à bijoux fait toujours des nostalgiques…

Chèvre-Laine

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3 réflexions sur “Dans une boîte à bijoux près de chez vous

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